EDITO

par Patrick Eudeline

Au festival de Coachella, en Californie, le 16 avril
dernier, c’était l’été hippie, celui de 1967, qui
recommençait. on y a vu Kate Bosworth ou les
soeurs Hilton, Charlotte Gainsbourg ou la fille
de Lenny Kravitz, Agyness, et tant d’autres.

Toutes, ou presque, arboraient robes ethniques et
sandales, fleurs dans les cheveux lâchés et bracelets
superposés. Comme jadis au festival de Monterey,
quand Janis Joplin y croisait Hendrix. Les hommes,
eux, étaient plus discrets. On est en Amérique, après
tout ! Et les Strokes y ont fait bien peu d’émules.
Donc, à côté de ces beautés psychédéliques, on
vit surtout les habituels pantacourts et casquettes
de basket-ball, des rappeurs et des disc jockeys
à cheveux courts. Seule Katy Perry, semble-t-il,
avait à son bras un fiancé digne de ce nom, barbu
et en costard. Le comique rock Russell Brand.

Hippie ? Il y a longtemps que la tendance est dans
l’air, s’en va et revient, sans laisser de traces. A vrai
dire, c’est presque comme si on ne l’avait jamais
vue mourir ! Même à la triste époque techno, les
raveurs ne dédaignaient pas de s’inspirer des hippies
de jadis. On vit même renaître alors t-shirts tie
and dye et badges fluos.

Alors... Hippie ? Le monde sera-t-il de nouveau
hippie ? Malgré les tendances “green”, il est permis
d’en douter. Le monde nouveau est dur et l’optimisme
béat des hippies appartient à une autre époque.
Les hippies resteront un caprice ou un fantasme.
Un jeu de l’esprit. Une mode superficielle.

Mais ce qui ne risque pas de mourir, par contre, c’est le
rock. Parce qu’il convient aux périodes troubles,
comme ces dernières années des seventies, quand
le punk était la norme. Ce monde a besoin du noir
comme couleur de base et de coupes ajustées. On
imagine mal fendre la nuit de Paris en tunique
marocaine bouffante. The Kooples l’a compris :
il n’y a pas de manteau en poil de chèvre dans
la nouvelle collection, encore moins d’imprimés
paisley ou de sabots suédois. The Kooples a créé un
style. Rock, donc, anglais, strict. Couleurs sobres,
noir et blanc, détails de dandies. Et ils s’y tiennent.
Les hippies n’ont qu’à bien se tenir. La Nuit
est en Kooples.