Bras Armé

Ambiance steampunk,baricades et dandies guerieros:
mademoisele Lau fait descendre le bijou dans la rue pour tordre
le cou aux rangs de perles et bling colifichets.

Ambiance steampunk, barricades et dandies
guerrieros : mademoiselle Lau fait descendre
le bijou dans la rue pour tordre le cou
aux rangs de perles et bling colifichets. Ses
créations s’arment d’une nouvelle urbanité,
un univers très inspiré mais jamais rétro, où
Roland de Roncevaux vit à Gotham City et
joue à Grand Theft Auto. Bliss Lau imagine
des bijoux à enfiler comme on porte un vêtement,
avatar de la cotte de maille sous costard.
Un délicieux cilice…

Pas étonnant que les chevaliers du “dressed in
black”, Alexandre, Laurent et Raphaël Elicha,
n’aient pu résister à la tentation de créer avec
elle et pour The Kooples une ligne capsule, au
style dark assez déchaîné…

Souvenirs d’armures, de plastrons, gantelets
d’archer, harnais, corsets et autres cuirasses
guerrières, entre apparat et combat, ces bijoux
à l’âme sublimement noire sont des paruresparades.
Structurés, archi-construits, ils sont
aussi inspirés par la ville, les grandes réalisations
urbaines métalliques de la fin du XIXe
et début du XXe siècle (Bliss est new-yorkaise
!). Plus proches de l’“ornement de corps”
que du banal collier, ces bijoux se gardent au
secret sous la chemise ou s’exhibent sur les
vêtements, comme un second squelette.

Pour The Kooples, Bliss Lau (avec un prénom
pareil, on est forcément prédisposée à grimper
au septième ciel de la fashion) a créé trois pièces :
une “body chain” à endosser comme un gilet lié
contre les omoplates par un passant de cuir,
un bracelet-bague arachnéen qui attache le poignet
au doigt, et une manchette de cuir noir et
gourmettes aux mailles et maillons d’argent,
couvrant tout l’avant-bras. De quoi mettre en
nage le costume le plus sage et foutre le feu
aux minis trop preppy…

D’où vient cette inspiration guerrière ?
Dans l’histoire du bijou, quelle est la pièce
importante pour vous ?
Toutes les époques ont cette flamme, mais disons
que ce qui m’intéresse le plus c’est l’idée du
métal comme protection, comme bouclier,
dans l’Antiquité par exemple. C’est une inspiration
constante pour moi. Le gant de bataille qu’utilisaient les romains, le cestus, est une
pièce qui m’a mise sur la piste de nombreuses
créations. C’est un gant de lutte en métal et
cuir qui couvre les jointures des articulations
de la main, croise sur l’avant bras et monte
jusqu’au coude. Ce mot désigne aussi dans
l’Antiquité une ceinture pour les femmes.
Ces objets, comme les corsets, les cuirasses,
m’inspirent particulièrement. J’aime lorsque
la structure, le squelette, sont ainsi soulignés.
Heureusement mes bijoux vivent une époque
plus calme et sont une protection plus “métaphorique”!